Marions-les

L’autre soir je prenais un verre avec une copine et elle me parlait de ce thème ô combien capital dans le babillage des jeunes femmes indiennes, je vous le donne en mille : LE MARIAGE !

Je voulais en parler depuis un moment sur le blog mais en fait c’est plutôt compliqué. Difficile de comprendre exactement ce qui se passent dans la tête des tourtereaux, des parents, et de la famille. Encore plus complexe quand on sait qu’il y a des différences énormes entre « métros » (les grandes villes), plus petites villes, et campagnes. Aussi je me garderais bien d’émettre un avis définitif sur la question, mais certaines des remarques que j’ai entendues lors de cette conversation méritent qu’on s’y arrêtent.

 

  • « Au final, 80% de la décision (de se marier) revient à mes parents et/ou à la société, et pas vraiment à moi » : quand elle m’a dit ça j’étais vraiment surprise. C’est dans ce genre de petits détails qu’on mesure le « choc culturel ». Pour une jeune femme issue de la bourgeoisie intellectuelle, née dans les années 80 en France comme moi, le mariage est quelque chose de non obligatoire et vient d’une démarche profondément personnelle. Mais pour elle, qui vient exactement du même milieu, et appartient à la même génération que moi, le mariage est quelque chose de résolument social. Elle me disait –sans s’assombrir- qu’elle se marierait pour ses parents, et qu’eux-mêmes s’intéressent à son mariage pour des questions de réussite sociale.
  • « Les castes ne sont pas tellement un problème » : même s’il a précisé que ça dépendait beaucoup des régions,  elle m’expliquait qu’être contre un mariage inter-castes c’était un peu comme afficher une superstition pour une grande parties des élites intellectuelles. Du coup, ses parents se soucient moins de la caste de son futur promis que du fait qu’ils préféreraient éviter qu’elle épouse quelqu’un d’une autre religion. Et là, elle a ajouté que c’était un peu comme la réticence de parents européens libéraux qui marieraient leur fille à un noir ou un asiatique. Voir le succès de Mais Qu’est Ce Qu’on A Fait Au Bon Dieu.
  • « La drague, c’est très très compliqué » : si j’ai bien compris ce qu’elle me disait, si un mec est intéressé par une fille, il la regarde, il se tient près d’elle, lui fait des compliments s’il est audacieux, et… c’est tout ! Du coup le pourcentage de succès d’une telle technique me semble assez faible. Il y a un type dans son bureau qui fait quelques uns de ces trucs, mais elle n’a pas vraiment moyen de savoir si c’est un hasard, si elle se fait des films, ou si il est vraiment intéressé… Comparé à mes copains célibataires à Paris qui ne se posent pas trop de questions sur le processus de séduction, et pensent que danser avec quelqu’un en boite a plus de 50% de chances de permettre un coït, je me demande quel est le stratagème le plus hasardeux.
  • « Du coup, le mariage arrangé n’est pas tellement un problème » : c’est assez logique. Si c’est si difficile de savoir qui est intéressé, que c’est compliqué de témoigner de son intérêt pour quelqu’un, autant qu’on te présente des fiches de mecs qui cherchent la même chose que toi : se marier.
  • Je note au passage que comme le mariage arrangé est dépassionné, ça évite –en partie- les petits coups de blues des déconvenues amoureuses. Ses parents lui ont présenté un mec bien comme il faut, un Indien –évidement- qui travaille en Allemagne. Ils ont skypé pendant plusieurs semaines, et finalement ont eu ce que les Américains appellent « the talk ». Le mec a fini par lui dire qu’elle n’était peut-être pas si proche de ce qu’il attendait. Et alors qu’elle s’était un peu emballée, c’est retombé aussi facilement qu’un soufflé.
  • « Les filles dans ma situation, moi comprise en fait, ont se comporte comme si on était un peu en panique face à cette échéance matrimoniale, mais en réalité on y attache moins d’importance qu’on le laisse penser » : tout est dit ! C’est bien pour les autres, pour la société qu’il faut montrer une inquiétude qui n’est pas toujours réelle. Je n’émets aucun jugement, je trouve ça juste hyper-intéressant de voir que des choses qui pourraient être universelles soient en réalité si fondamentalement différentes !

 

J’ai une super bonne amie qui vit à Londres. Elle ressemble un peu à Fifi Brindacier, mais en blonde. Ou a Betty Boop mais en blonde toujours. Du coup, elle ressemble plus à Bibi Fricotin peut-être. Bref, quelques mois après s’être installée on parlait des dynamiques de dates à l’anglais comparées aux pratiques outre-Atlantique. Je me rends de plus en plus compte qu’il y a aussi un dating à l’Indienne.

Advertisements
Standard

2 thoughts on “Marions-les

  1. Pingback: L’inconnue de la prairie | Mumbaistic!

  2. Pingback: Tinder en Inde | Mumbaistic!

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s