Dans le club

Samedi soir j’étais au Bombay Gymkhana.

Quand je suis arrivée en Inde, je croyais que Gymkhana voulait dire « stade ». Je ne sais pas trop pourquoi. C’est ce que j’avais compris un jour alors que je demandais mon chemin à un type patibulaire mais presque dans la rue.

En fait, un gymkhana est un « social and sporting club » comme l’explique très bien Wikipédia. Comme le club de l’étoile, le Lagardère Paris Racing aka “la Croix Catelan“, et tous ces lieux de perdition.

Sur la prestigieuse avenue qui longe la mer, Marine Drive, on voit aussi un Catholic Gymkhana, un Hindu Gymkhana, un Islam Gymkhana et ainsi de suite. Mais honnêtement, ces établissements n’ont pas l’air très flamboyants. J’imagine donc que le principe de cette institution s’est un peu démocratisé.

En attendant, ce soir-là, on était vernis. On était là, dans le Bombay Gymkhana, entre les tables en acajou, les fauteuils clubs, et la terrasse avec ses méridiennes en osier blanc. C’est presque un lieu saint. Il faut être invité par un membre. Pour être un membre il faut payer une somme pharaonique et ensuite la charge se transmet de générations en générations.

Des vieilles dames en saris, et des gros messieurs en costume dinaient en famille. Le couple dominait souvent la table, façon Parrain. Je me demande ce que les patriarches racontent avant que tout le monde se mette à se bâfrer comme des gloutons : les bons résultats de l’aciérie familiale ? Les résultats du cricket ?

Je m’attendais à voir ce genre de milieu, mais visiblement, eux, ne s’attendait pas à nous voir.

De cette partie de la salle, tout le monde avait l’air de se demander : « qu’est-ce-que-c’est ? qui-c’est-ça ? on-les-as-jamais-vus-là. »

Derrière nous, une bande de couples est arrivée. Les femmes avaient à peine moins de trente ans, les hommes dix ans de plus. Ils portaient des polos de sport Ralph Lauren qui rendaient « too much » les robes fourreaux de leurs zouzs, toutes tirées à 18 épingles, le brushing de Cher, le sac de Madonna, et les ongles de Lady Gaga.

Parmi la bande de bonhommes, il y en avait un, il y en a toujours un, qui est chauve mais qui tente de se faire un nid de cheveu avec sa dernière mèche fine. Affreux.

A côté des dynasties oldschool tous ces jeunes cadres ont l’air vulgaires, trop brillants, sans cachet.

C’est un peu la guerre des monde entre les anciennes familles. Certains viennent ici pour se souvenir de ce qu’à été leur famille. D’autres pour graver dans la pelouse du terrain de cricket attenant ce que leur famille sera. Dans tous les cas, l’atmosphère combat de coq, querelle des Anciens et des Nouveaux, New et Old money vaut le détour.

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