Au turbin

Je lisais ce papier assez perturbant sur la culture du petit boulot étudiant en Angleterre. Tout y est vrai :

  • Oui, il y a davantage de foires à l’emploi dans les pays anglo-saxons, et c’est peut-être mieux organisé
  • Oui, l’idée qu’un étudiant travaille est davantage admise dans ces mêmes pays,
  • Oui, on part du principe qu’il faut davantage protéger les étudiants en France, et leur permettre de se concentrer justement, sur leurs études.

Mais il y a quelque chose qui m’a mise mal à l’aise… Je ne sais pas si c’était les questions un peu lourdingues sur la difficulté de concilier travail et études, ou le côté un peu naïf de l’écriture. J’ai en tous cas réfléchi à ce qu’il en était en Inde.

Je vais schématiser.

En Inde il est relativement rare qu’un étudiant fasse un « petit boulot » à faible valeur intellectuelle ajoutée en parallèle à ses études. Il y a beaucoup de main d’œuvre en général, et les jeunes ayant accès aux études supérieures sont plus souvent ceux qui n’ont pas la nécessité de travailler pour subvenir à leurs besoins, ou à ceux d’un foyer.

En France, de plus en plus de gens ont accès à une formation supérieure. Ils viennent de milieux très variés, et certains ont donc véritablement besoin de travailler en parallèle à leurs études. Ce n’est jamais très bien vu. Les boulots sont d’ailleurs rarement pensés pour les étudiants (flexibilité, périodes de partiels, vacances universitaires,… tout ça est peu pris en compte). On a donc lu de plus en plus ces dernières années des portraits de jeunes obligés de travailler pour pouvoir étudier, mais qui ne pouvaient pas étudier correctement puisqu’ils travaillaient –entre autres histoires sur le logement étudiant, les boursiers, et j’en passe.

Il est possible d’adapter des petits boulots, notamment des boulots de service aux étudiants. Il me semble être une bonne chose que les étudiants travaillent pendant leurs études quand c’est possible. Une société qui donne une place aux étudiants dans le monde du travail est sûrement une société qui permet aux jeunes de se confronter à une activité qu’ils n’exerceront pas plus tard, et éventuellement à des gens qu’ils n’auraient pas côtoyés autrement. Le petit boulot étudiant pourrait être un outil de brassage social.

Pour le moment ce n’est pas encore tout à fait le cas en France, et la problématique de l’accès aux études supérieures et les politiques qui concernent l’enseignement supérieure représente une pente savonneuse qui n’a pas grand chose à faire sur ce blog. En revanche, ce papier de blog du Monde me fait réaliser à quel point bon nombre des Indiens que je connais n’ont aucune expérience même dans des enseignes haut de gamme, dans des fonctions d’assistanat, comme baby-sitter ou je ne sais quoi. Pourtant mes amis n’incarnent pas tout à fait la jeunesse dorée bombayite. Ils sont le plus souvent issus de la classe moyenne urbaine indienne. Leur méconnaissance des corvées de petites mains est souvent liée à une forme de mépris plus ou moins verbalisée.

Ca pose une dynamique de la société indienne – à nuancer, évidemment.

 

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