Invités: que faire?

A ma collection, je peux ajouter un nouvel « Instant République Française ». J’étais donc l’autre soir chez le Consul général de France à Bombay… C’est le troisième consul que je rencontre. Si vous avez l’occasion de vivre une situation similaire, sachez qu’à chaque consul son style, et qu’à moins d’être Colombe Pringles ou Stéphane Bern, il y a un temps d’adaptation de deux minutes au moins pour la première conversation les yeux dans les yeux (de la République). Donc pendant deux minutes, vous bafouillez. C’est ok.

Une fois la tête froide, c’est le moment de dire quelque chose d’intelligent. Généralement quand on vit à l’étranger on a déjà raconté un paquet de fois ce qu’on fait à des gens qui ne vivent pas dans le même pays, donc l’exercice n’est a priori pas trop difficile. J’en connais qui ont trouvé la parfaite petite formule, et qui sans ciller, répètent mot pour mot les mêmes phrases à chaque fois.

Dites ce que vous faites, montrez que vous connaissez l’Inde –n’hésitez pas à glisser une petite anecdote qui fera un peu « terrain », utilisez l’un des mots suivants : diversité, hétérogène, disparités, grande complexité, profondeur, spiritualité, dynamisme, énergie. Si le monde des idées n’est pas votre fort, un petit « des sourires et des couleurs formidables » peut aussi bien faire l’affaire.

Enfin, concluez par un petit mot de votre choix sur la France (optimiste si vous êtes un lèche-botte, pessimiste si vous êtes un idiot, ou gastronomique pour ne vraiment pas vous mouiller, ie « le fromage me manque beaucoup »).

Là, généralement, le Consul vous a identifié, et vous envoie boire un coup. Chacun sa technique, je vois des gens qui a tous les évènements dits de représentation boivent beaucoup dès le départ pour se détendre, et d’autres qui sont à l’eau jusqu’à minuit où là, ils se mettent à boire des shots.

Peu importait ce soir là, puisque les discours ont commencé et que les discours: c’est le trou noir de la soirée – personne n’écoute vraiment, pas même ceux qui font les discours. Les gens ont l’air absorbé dans le meilleur des cas, mais en regardant de plus près on sent qu’ils sont en train de penser à ce qu’il y a dans le réfrigérateur pour demain matin, aux chaussures qu’ils auraient dû mettre, à celui à qui ils veulent parler ce soir, ou à leur chien qui pue et que ce serait bien temps de le laver, merde, on arrête pas d’oublier, mais est-ce que je pue pas un peu le chien mouillé d’ailleurs, ah je savais bien que j’aurais du m’en occuper bon sang.

Moi j’écoute toujours – on ne sait jamais, peut-être que quelqu’un va dire un truc du genre « et d’ailleurs, moi-même, je vole dans la caisse » ou bien « et à ce propos, il faut bien dire que nous vendons des faux médicaments en Inde », ou encore « je sais qui parmi vous (…) cette information ne doit pas sortir de ces murs ». On ne sait jamais… Moi je crois au scoop tombé du ciel.

En réalité, il n’y a pas eu de scoop, mais heureusement que j’ai écouté.

Il était question des Indes, de la grandeur de la France, et de la jeunesse-qui-est-incroyablement-énergique*.

Imaginez-vous… Surtout ceux d’entre vous qui sont en ce moment en France, où Zemmour a l’air de monopoliser le temps de parole médiatique pour raconter que la fin est proche (pas super original le mec).

Après, vous vous débrouillez, mais vous avez intérêt à avoir un paquet de cartes de visite.

En rentrant chez nous, el Moustacho n’avait qu’une idée en tête : devenir consul. Il est très versatile ce garçon.

(*): “lol”

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